“Une personne en situation de handicap doit être traitée de la même manière qu’un autre salarié. C’est au manager de trouver le bon équilibre“

Jean-Baptiste POTOKAR, Directeur Qualité et Technique
publié le 22 novembre 2013
Engagé en faveur de l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap, le Groupe AUBAY (société de conseil en technologies et intégration de systèmes d’information, systèmes industriels, réseaux et télécoms) a signé en janvier 2012, un accord d’entreprise. Jean-Baptiste POTOKAR, Directeur Qualité et Technique au sein de la société, nous fait part de son expérience, en tant que manager de collaborateurs en situation de handicap. 

Quelles sont vos fonctions au sein du Groupe Aubay ?

Je suis directeur qualité et technique et je suis responsable d’une cellule d’innovation qui propose de nouveaux projets aux clients. Nous sommes une équipe de 20 personnes, dont 4 personnes en situation de handicap.

Comment est perçu le handicap au sein de l’entreprise, et des équipes ?

Il n’y a aucun problème au sein des équipes et au niveau de l’entreprise. La principale difficulté est plutôt vis à vis des clients. La méconnaissance et l’ignorance entrainent parfois des situations délicates, mais c’est à nous de les rassurer et de leur montrer que c’est possible.

Comment faites-vous pour sensibiliser les collaborateurs afin d’éviter les éventuels stéréotypes et préjugés ?

Nous sensibilisons principalement les commerciaux, car ils sont sur le terrain et directement en contact avec les clients. Nous organisons des formations de sensibilisation au handicap et des réunions. Ils ont également la possibilité de bénéficier d’un coach spécialisé.

Quelles sont les différentes étapes d’intégration d’une personne en situation de handicap ?

L’accueil et l’intégration sont les étapes les plus importantes. Lorsque le candidat nous informe, lors de son recrutement, qu’il est en situation de handicap, nous pouvons anticiper les différentes actions d’aménagement de poste de travail et se mettre en relation avec la médecine du travail et des ergonomes. A titre d’exemple, nous avons dû anticiper l’installation de logiciels à synthèse vocale pour un de nos collaborateurs malvoyant.

Quels sont les avantages et les difficultés d'encadrer un travailleur handicapé ?

Encadrer une personne en situation de handicap demande une expertise que nous n’avons pas forcément. Il faut avoir une bonne connaissance des lois sur le handicap, connaître les différentes institutions engagées en faveur de l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap et maîtriser également la notion d’adaptation.
En terme d’avantage c’est une grande richesse pour la société et pour l’équipe. Cela nous permet justement d’avoir cette expertise supplémentaire sur la législation du handicap et une meilleure appréhension des situations de handicap.

Qu’est-ce que cela vous apporte d’avoir des personnes en situation de handicap au sein de vos équipes ?

De la diversité et une nouvelle dynamique. Une personne en situation de handicap amène un regard neuf sur le poste et sur la relation aux autres. Ils ont une vie hors du commun avec souvent des parcours atypiques où de nombreux obstacles ont été franchis. Nous avons un bel exemple au sein de notre équipe,  d’un collaborateur non-voyant qui est médaillé olympique.

Avez-vous des conseils à donner pour avoir les bonnes attitudes managériales ?

Il est primordial de maîtriser le droit du travail, notamment sur la thématique du handicap. Connaître les différentes aides spécifiques à l’emploi des personnes handicapées, en terme de recrutement, et d’aménagement de poste de travail.
En tant que manager, il faut essayer de surmonter ses appréhensions, ses préjugés et faire confiance à la personne. Pour cela le dialogue est très important. Une personne en situation de handicap doit être traitée  de la même manière qu’un autre salarié. C’est au manager de trouver le bon équilibre. Je conseille également d’entretenir de bonnes relations avec les ressources humaines et les institutions qui accompagnent les entreprises, comme l’Agefiph ou L’ADAPT.


Propos recueillis par Olivier Angelini